Le naturisme gagne de nouveaux espaces.

La plage naturiste de TAMBABA dans le Nordeste du Brésil (État du Paraíba) entend se développer pour devenir une référence internationale de la pratique du naturisme.  La zone naturiste la plus connue du Brésil, devrait prochainement étendre son territoire et gagner un centre d’accueil.

Selon Rose Barbosa, 61 ans, présidente de la SONATA (Association Naturiste locale), ceux qui adhèrent déjà à la philosophie naturiste profitent d’environ 300 mètres de bande de sable sur la plage réservée au naturisme. Avec l’extension prévue, la portée totale de la plage dédiée au naturisme, atteindra 800 mètres.

tambaba

Actuellement, la plage est en partie ouverte à ceux qui ne sont pas convertis à la philosophie. Ils peuvent accéder à Tambaba, en restant dans un espace « textile » dédié. Pour éviter toute confusion, il existe une séparation entre les baigneurs. Une passerelle escaladant une petite colline dont le sommet est fermé par des paravents, empêche la vue du côté naturiste et délimite clairement l’espace. C’est un peu une passerelle vers une autre galaxie, au delà de laquelle il existe des règles à suivre et où les visiteurs doivent respecter le « Dress code » (nudité obligatoire d’un côté, interdite de l’autre).

Comme en témoigne Zuleika Fernandes de Mello, 51 ans, professeure à São Paulo, lors de sa première visite à Tambaba, la socialisation sur la plage avait immédiatement eu lieu. « C’était une expérience d’harmonie avec l’environnement, ce qui m’a apporté un sentiment de liberté, de respect et d’amour envers le corps que je n’avais jamais connu avant. J’ai adoré Tambaba.  »

Cependant, tout n’a pas toujours été rose. Il a déjà été signalé que des groupes de femmes avaient pu être harcelées par des hommes. La présence de voyeurs, surnommés « fresteiros » – ainsi nommés parce qu’ils essaient de voir les nudistes à travers les fentes des branches des arbres – est un casse-tête pour l’Association, car ils ne se contentent pas toujours d’observer.

Avec le décret d’État de juillet 2018 et les changements structurels proposés, les responsables ont l’intention de résoudre définitivement ce problème et d’améliorer la sécurité.

Une des propositions émise par l’Association naturiste gérant la zone serait d’organiser des randonnées sur les sentiers, guidés par des professionnels accrédités (des naturistes, bien sûr), une action qui promettra aussi de bannir les intrus, comme l’explique Carlos Santiago, 57 ans, secrétaire de la Sonata : Les naturistes ont une philosophie de vie. Être nu fait partie d’un mode de vie fondé sur l’harmonie avec la nature. « Cette pratique a pour but de promouvoir le respect de soi, le respect des autres et le respect de l’environnement »

La plupart des clients sont des familles avec enfants et adolescents, des grands-parents et des groupes d’amis, tous à la recherche d’un lieu pour profiter des plaisirs d’une bonne plage, s’allonger au soleil, se promener sur la plage, jouer au football, ou au volley-ball, surfer dans les vagues, prendre un bain de mer.

Le plan d’expansion projette une plus grande incitation à la pratique du naturisme. L’actuel parking d’accès à la plage (où il est obligatoire d’être habillé) devrait être transformée en une zone de réception, où le personnel d’accueil, nu, recevra les visiteurs et expliquera le concept du naturisme et ses normes éthiques.

Les arbres de la forêt atlantique (Mata Atlântica, forêt primaire protégée) seront répertoriés et les sentiers pourront être parcourus, sous accompagnement de guides, dans une stratégie de diffusion du patrimoine naturel.

« Nous voulons faire de Tambaba une référence internationale, où des personnes du monde entier peuvent entrer en contact avec la faune et la flore en toute sécurité, sans dégrader l’environnement », annonce Juliindo Macuxi, 52 ans, représentant des NU (Naturistes Unis), un mouvement créé pour socialiser et renforcer le naturisme par le biais d’activités sportives, socioculturelles et de conservation du patrimoine naturel.

Et la nature est ce qui ne manque pas à Tambaba: une large bande de sable fin, avec, par endroit, des rochers sculptés au bord de la mer. À marée basse, des piscines naturelles apparaissent. Les falaises, la forêt atlantique, la végétation et les cocotiers complètent le paysage.

Avec la nouvelle délimitation de la zone, des investissement d’infrastructures sont prévus : une auberge naturiste de dix chambres et une aire de restauration.

Un conseil de gestion s’est constitué, comprenant des organismes gouvernementaux, des commerçants locaux et chefs d’entreprises. Rosângela Arantes Corrêa, 57 ans, propriétaire d’une auberge située à proximité, déclare ce qui suit: « D’un point de vue commercial, j’ai toujours considéré Tambaba comme une icône du Paraíba. Avec l’expansion de la zone naturiste, je suis plus optimiste quant à la possibilité de toucher davantage de personnes de manière organisée et durable.  »

Pour Pedro Ribeiro, 60 ans, président de la FBrN (fédération brésilienne du naturisme), si une partie de la plage a, par le passé, été supprimée c’est en raison des « textiles incommodés par les naturistes ». Selon lui, l’invasion des « textiles » a entraîné des offres commerciales ayant un impact négatif sur l’environnement. « L’une des préoccupations du naturisme est la protection de l’environnement, qui devrait primer les intérêts commerciaux », affirme-t-il. Le retour de l’ensemble de la zone à vocation exclusivement naturiste est donc de bonne augure.

Le secrétaire exécutif du Tourisme du Paraíba, Ivant Burity, confie qu’il n’y a pas encore de date fixée pour le début des travaux, bien que la requalification de l’espace soit déjà mise en œuvre.
« Le potentiel est énorme. Tambaba est plus connu dans le monde que de nombreux États du Nord-Est « . « Nous avons du soleil toute l’année. Avec l’extension et la requalification du site, nous offrirons une sécurité accrue pour recevoir ce public spécifique, en insérant définitivement Tambaba dans les destinations naturistes internationales.  »

Depuis 2010, les membres de la Sonata dialoguent avec le gouvernement de l’État pour transformer le site en une station balnéaire internationale. Aujourd’hui, il y a des touristes étrangers, mais ils sont peu nombreux. Les Européens, principaux clients et précurseurs de la pratique dans le monde, font surtout défaut. La culture du libre corps est apparue à la fin du XIXe siècle en Allemagne, un pays qui compte environ 7 millions d’adhérents. Dans le monde, ce sont 85 millions de pratiquants.

Tambaba est la plage la plus connue de la côte sud de Paraíba, l’une des plus belles plages de la côte brésilienne. Elle est située sur la commune de Conde, à environ 40 km de la capitale d’État, João Pessoa.

La fréquentation naturiste a commencé à la fin des années 1980, alors que l’accès était difficile. Les jours de pluie, il y avait toujours des personnes qui restaient coincés sur les chemins de terre.

C’est précisément parce qu’elle se trouve dans un lieu riche en beautés naturelles, intacte, et qu’elle est difficile à atteindre que la plage a été choisie par les naturistes et en est devenue sa place forte.

En 1996, avec l’achèvement de la route PB 008, qui relie la capitale à la côte sud, le nombre de baigneurs a augmenté et le lieu a acquis une renommée nationale.

À partir de 1991, le lieu porte le titre de première plage naturiste officielle du nord-est. L’État de Paraíba n’a cependant reconnu l’espace naturiste qu’en 2002, lors de la création de la zone de protection environnemental de Tambaba.

Le décret d’État de juillet 2018, qui a créé la zone d’intérêt touristique et écologique spécial pour la pratique du naturisme à Tambaba, vise à assurer la vocation naturiste en phase avec le tourisme et la préservation de l’environnement.

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(Article rédigé d’après une publication de la revue « Folha de São Paulo » et traduit du Portugais)


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